OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Le blues vu de l’hexagone http://owni.fr/2011/03/23/le-blues-vu-de-lhexagone/ http://owni.fr/2011/03/23/le-blues-vu-de-lhexagone/#comments Wed, 23 Mar 2011 14:37:21 +0000 Nicolas Jacquet http://owni.fr/?p=31280

The Blues had a baby, and they named it Rock n’ Roll. (Muddy Waters)

Le blues et la country sont des musiques populaires, qui racontent les histoires de la vie quotidienne, la dureté de la vie, l’alcool, la fête… Pour le grand public, il existe une méconnaissance des genres : blues, country, country blues, bluegrass, hillbilly.

L’histoire de ces styles est peu connue, ces musiques représentent l’Amérique, son imaginaire et ses fantasmes… Mais alors qui sont ces aficionados du Blues et de la Country en France ? S’il est de bon ton de s’évertuer à s’interroger sur ce qu’est être rock aujourd’hui, pourquoi ne pas aussi se demander c’est quoi être country ou être blues en 2011 en France ?

Être Country

Qu’est-ce qu’être Country ? “Cow boy à frange, steel guitar , réac, amérique blanche… Alt (alternative) country ? jamais entendu parlé.”

La Country music a le vent en poupe en France, mais une country aseptisée “radioFMisée”, débarrassée du sang, de la sueur, des larmes et de l’alcool, bien loin d’Hank Williams

La Country, la Country… mais c’est quoi en fait la Country ? Country-Blues, Country Rock, Alternative Country, Outlaw Country…tout ça, c’est de la Country ! Mais qui se cache derrière ces noms ? Des groupes comme Uncle Tupelo, Wilco (ce qu’on a appelé le mouvement No Depression) ou les superbes Heartless Bastards qui ont savamment su mélanger la country, le bluegrass, le garage rock, le punk, le folk, le blues… pour produire une musique de qualité moderne et proche de ses racines à la fois. On peut aussi citer l’ovni musical Possessed By Paul James ou bien l’excellent Tom Vandenavond d’ailleurs nominés cette année dans la catégorie Alt Country aux Independent music awards… Bref, des artistes créatifs qui allient tradition et modernité en jetant des ponts entre différents univers musicaux.

Cet intérêt pour cette musique emplie de ruralité semble répondre en France à un besoin de retour aux sources, proche de la terre et des origines. Il apparaît que ces genres, Country et Hillbilly notamment, ont souvent du succès auprès d’un public “campagnard” ou urbain en mal d’un certain environnement rural. Nos propres traditions de musiques populaires ont quasiment disparu et elles n’ont pas résisté dans les années 1970 au conflit opposant le folklore US et folklore local français, selon Florian Caron (Docteur en sociologie, mondes musicaux et modernité).

Dans le dernier numéro du magazine Soul Bag, André Hobus parle ainsi d’un coffret portant sur l’oeuvre d’Hank Williams : “Toute la ruralité “countrypolitan” apparaît dans sa grandeur dépouillée et répand un parfum de tarte aux pommes et de café fumant dans notre 21 ème siècle technologique. On peut parler, je crois, d’un blues authentiquement blanc”.

Le groupe Wilco, par exemple, possède tout l’attirail pour plaire aux hipsters, c’est à dire un goût marqué pour la contre-culture ainsi qu’un métissage des influences, allant du rock indépendant au country rock. Sans oublier la chemise à carreaux qui reste un symbole fort et fédérateur…

Conséquence d’une forme d’attirance/répulsion qui nous lie en France avec les USA, la country et son cortège d’imaginaire nous fascine et nous interroge. Peu importe le nom… être country en 2011, c’est être définitivement alt-country et sortir des sentiers battus.

Être Blues

Qu’est-ce qu’être blues ? “Le blues c’est facile, tu te mets dans un champ et tu cries” répondront les moqueurs… Dans une publicité actuellement sur nos petits écrans, une voiture roule… et des lieux communs sont énumérés : “les joueurs de blues sont vieux”. Pas tous ! L’héritage a des successeurs, le blues est là, bien vivant, des jeunes poussent tordent l’idiome et pour paraphraser Brenn Beck du groupe Left Lane Cruiser “poussent le blues au delà de ses limites”. D’ailleurs, dans le Rock n’ Folk de janvier 2010, le journaliste Christian Casoni publie un article intitulé “être blues en 2010”. Le dossier tord le cou à cette idée selon laquelle 12 mesures à l’infini reproduisent le même effet. C’est faux et nous en avons la preuve !

Il semble que le blues, à l’instar de la country, fasse en France peu de bruit… avec peu d’artistes fédérateurs… Pourtant le Blues possède son noyau dur de fidèles. Historiquement, le Blues a connu un essor plus important chez nos voisins britanniques (Le British blues boom) que dans l’hexagone. Une théorie veut que le jazz se serait plus facilement implanté dans les pays “envahis” comme la France pendant la seconde guerre qu’en Angleterre où le blues aurait pris le dessus. Un autre élément peut expliquer le côté “petite chapelle” du blues en France, comme ailleurs. Cela s’explique semble-t-il par un esprit peu ou pas commercial, un imaginaire renvoyant à la ruralité. Le rock, avec ses trois accords et son rythme binaire est plus direct (Elvis le Pelvis) et s’est très vite adapté à l’industrie musicale. Les succès en matière de blues quant à lui ont souvent eu lieu lors d’une dilution du propos dans un mariage avec la soul (et son côté plus sucré).

Cependant, le blues attire, fascine, sur notre sol : des jeunes et des plus âgés, des novices comme des experts. L’influence de cette musique sur l’ arbre généalogique des musiques populaires (jazz – rock n’roll – soul – funk – reggae - rap…) la rend attrayante pour un public hétéroclite.

Le blues est riche et a plusieurs figures où chacun peut y trouver son compte ! Il peut aussi bien embrasser le hip-hop, comme chez les anglais de nu blues, être arrosé d’electro comme dans le tube de Moby, traumatisé comme chez Left Lane Cruiser, “touareguisé” comme chez Tinariwen… “francisé” par Patrick Verbeke, Bill Deraime, Fred Chapelier, Paul Personne, Jean Jacques Milteau … Le label Français Dixiefrog fait dans ce sens du très beau travail.
On peut même voir des frenchies en one man band, comme Eric Bling ou Ronan (qui a fait la première partie de Left Lane Cruiser dès 2009 ).

Un constat, les grands noms du Blues sont assez peu connus en France. Fred Mc Dowell, Lighntnin Hopkins, Son House… des noms qui ne trouvent que peu d’échos dans l’hexagone, eu égard à leur influence sur la musique en général. Rendons ici hommage à des musiciens comme Jack White (White Stripes) qui reprend par exemple du Son House dans le film “It might get loud”. La faiblesse du blues en France réside en un déficit d’image… pourtant il est partout, tel le “Crawling King Snake”. Johnny ne chantait-il pas déjà en 1974 : “toute la musique que j’aime, elle vient de là, elle vient du blues”. Le blues est présent malgré lui dans toutes les musiques… L’idiome nourrit par exemple l’essentiel du contenu musical de l’indispensable “Fragments d’hébétude” du poète jurassien Hubert Félix Thiéfaine. A la campagne comme à la ville, le blues s’est toujours adapté, c’est là sans doute où réside sa force.

Évangéliser la France

Dans cet univers peu médiatisé, des acteurs indépendants, musiciens, patrons de bars, passionnés, se battent pour faire vivre et partager ce en quoi ils croient et diffusent ainsi la “bonne nouvelle”.

Vincent Delsupexhe, organisateur du festival Blues Rules, le festival du blues Underground s’exprime ainsi:

“Les années 60/70 ont permis au blues de se développer en Angleterre, de devenir le rock moderne, mais il arrive toujours un moment où un retour aux sources s’impose… Et il semblerait que ce soit maintenant.

Les trentenaires actuels, dont je fais partie, ont eu la possibilité de redécouvrir le blues à la fin des années 90 grâce à l’arrivée en France du label Fat Possum qui proposa des artistes ayant une histoire.

Qu’il s’agisse de T-Model Ford à la vie remplie d’anecdotes, de Cedell Davis et ses multiples malheurs qui n’ont jamais pu lui retirer l’envie de jouer pour les autres, ou de R.L. Burnside et Junior Kimbrough, les deux figures emblématiques actuelles des racines du Blues.

Si Fat Possum avait eu la prétention de faire se déplacer les foules pour des dinosaures jusque là inconnus avec les Juke Joint Caravan Tour – en 1999 avec R.L. Burnside, Paul Jones, T-Model Ford et 20 Miles – on peut noter que ces grands-pères du Blues ont rapidement eu un capital “sympathie” au sein d’un public très jeune.

Une sorte d’envie de montrer à nos pères que B.B. King n’est plus le roi, que Muddy Waters n’est pas le seul, que le blues n’est pas mort…
On peut voir depuis 5 ans une véritable émergence d’une scène blues/blues-rock en France, un fleurissement de petits festivals ou bars à caractère résolument blues (les Nuits de l’Alligator en exemple de festival, qui en 2006 avait en affiche Kenny Brown, Scott H. Biram et la première scène pour les Black Diamond Heavies).

Autant dire que des légendes oubliées avaient besoin d’une oreille neuve, que leur temps d’expression est enfin arrivé après 70 ans sans public, que leur inspiration est largement proclamée au sein de la scène émergente proposée par des nouveaux labels (Alive, Hillgrass Bluebilly, Stag-O-Lee, …), avec comme exemples forts les Black Keys dont le leader Dan Auerbach ne cacha jamais son admiration pour Junior Kimbrough… ou encore le film It Might Get Loud (2008) regroupant Jimmy Page (Led Zeppelin), The Edge (U2) et Jack White (White Stripes), un documentaire sur la guitare électrique, où les trois protagonistes révéleront leur attachement à un blues rural (notamment le plus jeune d’entre-eux : Jack White).

A l’instar d’une partie de la jeune scène Rock américaine, on peut dire que les jeunes oreilles françaises se tournent elles aussi vers les racines de la musique, vers ce blues rural…
Le blues n’est plus une musique de vieux ! Même si ceux-ci restent au cœur de cet art, que les figures ridées et souriantes attirent et attisent un public de jeunes… un retour aux années 50, au temps où le Rock’n'Roll s’appelait Blues, une époque où seul cette musique permettait de danser, entre jeunes, de se libérer, de partager un moment fou sous des rythmes endiablés… les soirées “transe”, hypnotiques…

Ecoutez un disque de Junior Kimbrough, allez voir sur scène la famille Burnside, et vos jambes prendront le rythme, vos yeux mi-clos, votre tête se balancera… une hypnose naturelle, une musique naturelle, dans un monde d’artifice et de virtuel… pas étonnant que ça plaise !”

Vincent Delsupexhe (Co-fondateur du Blues Rules Crissier Festival)

Dans le monde de la Country, saluons aussi le travail de Nicolas Moog et son groupe Thee Verduns. Nicolas et son épouse ont organisé par exemple des concert pour Possessed By Paul James. Il est aussi l’auteur d’une excellente bande dessinée “My American Diary”, basée sur le récit de son voyage au Texas à la rencontre des musiciens du Label Hillgrass Bluebilly. Retenez bien ce nom : Hillgrass Bluebilly Records… ce label, au départ promoteur de concerts, que j’ai décidé de promouvoir au travers de ma plateforme Nayati Dreams est présent depuis peu sur le sol Français, tout comme Broke and Hungry Records, héritier de Fat Possum.

Peu médiatisé, certes, mais c’est sans compter sur “Le Collectif des Radios Blues” un réseau bien structuré qui propose une diffusion radiophonique de la gamme pentatonique. N’oublions pas non plus ici la diffusion de revues française comme Blues Magazine, Blues Again, Abs Magazine ou Eldorado dans le domaine plus Folk et Americana.

D’après Vincent, disquaire à Reims : “de plus en plus de gens, ceux qui écoutent les White Stripes, Wilco, Giant Sand etc s’intéressent aux racines de la musique US.” Voici une bonne nouvelle ! Une chose est sûre : internet joue un rôle primordial pour la musique aujourd’hui. Cet outil permet de découvrir et de diffuser labels, groupes et de rendre justice au rôle de tel ou tel musicien. Selon Brenn Beck, le batteur tellurique de Left Lane Cruiser , à propos de R.L Burnside : “Il y a 5 ans, quand on parlait de R.L Burnside, personne ne savait de qui il s’agissait. Maintenant les gens se battent pour faire des covers de R.L..”

Malgré une méconnaissance et une dose d’idées reçues, le Blues, la Country et le Rock n’ Roll influencent depuis longtemps les musiciens Français. Eddy Mitchell en 1974 nous livrait un très bon “Rocking in Nashville” et donnait à la steel guitar un accent parisien. Alain Bashung Countrysait lui aussi en Français sur “ Osez Joséphine” en 1992.

Les Français sont parfois méfiants de ce qu’ils ne connaissent pas, sont suspicieux, craignent l’arnaque… dommage ! Pourtant il n’y a que peu d’arnaque dans le domaine du Blues. Quand on observe la production actuelle, il existe une vraie intégrité dans le monde du blues ou des musiques roots. Dans une époque où nombreux sont ceux qui ne savent plus à quel saint se vouer, le monde des musiques “roots” attire un public varié, ouvert vers la jeunesse et respectueux de ses glorieux aînés.

Si le 21ème siècle est le siècle du métissage, le blues et la country n’échappent pas à cette règle… D’ailleurs, entre nous, “Man, ça fait longtemps que le blues et la country dansent ensemble”*… et avec d’autres.

*Brenn Beck, batteur de Left Lane Cruiser

Sur la même thématique et dans le cadre du focus sur le folklore Américain, vous pouvez lire les articles suivants sur OWNImusic :

- OWNI X SXSW : un petit air de Country

- Découvrez Cheyenne by Left Lane Cruiser

- Découvrez I don’t wanna by Eric Bling

Crédits photos CC flickr : THEfunckyman; odadreck; thibault balahy; yann seiteck

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Découvrez I Don’t Wanna by Eric Bling http://owni.fr/2011/03/22/decouvrez-i-dont-wanna-by-eric-bling/ http://owni.fr/2011/03/22/decouvrez-i-dont-wanna-by-eric-bling/#comments Tue, 22 Mar 2011 11:48:34 +0000 Lara Beswick http://owni.fr/?p=31259

Une Guitare en bois bien poussiéreuse, des cordes qui claquent à s’en casser, les mélodies recollées avec du scotch à réparer les vieux films de celluloïd… Éric Bling est chercheur en blues des origines et song writer. Entre Skip James et Léonard Cohen, son trip hop / Nu-blues et ses roots songs nous transportent dans un paysage sonore riche et subtil…

Nous avons découvert “What’s Nu” de Eric Bling comme souvent, en écoutant sans savoir qui s’exprimait par cette voix cassée. Quelque chose de viscéral, un peu décalé, off-beat et tonique à la fois, blues inside and on the guitare. Le son nous interpelle c’est Eric Bling, un Bordelais qui joue du blues. Comment ??!

Troisième album

Son prochain album, “A room over my head”, va sortir prochainement et nous ne pouvions nous empêcher de l’annoncer. Dans cet opus, le récit n’est pas le même, plus sombre que le dernier album, plus réfléchi, le beat a ralenti, chaque note est posée, chargée d’une certaine profondeur qui reflète une période donnée pour l’artiste. La pochette de son futur disque illustre des géométries variables qui forment une pièce et une tâche noire au dessus d’”Eric Bling”… Eric, que t’est-il arrivé entre “What’s Up” et “A room over my head”?

“Il est moins bricolé, j’ai beaucoup tourné mais il comporte moins de live. Il y a eu de la réécriture. En studio, il y a une écriture nouvelle qui s’est faite. Enregistré en studio, il est plus propre, j’y ai ajouté des samples de percussion, ça amène un univers un peu plus profond.”

Eric sait transmettre ses émotions et pour ce projet unique, il a donc passé un peu plus de temps en studio, a profité d’un espace dédié et de moyens qui lui ont permis de se concentrer sur des choses différentes qu’avec “What’s Nu”.

“What’s nu”, son dernier album à avoir touché les bacs est une tuerie de 13 titres au son et au sens plutôt parfaits. Nous avons retenu ce commentaire sur son dossier de presse :

Eric Bling serait une réincarnation moderne de Robert Johnson qu’il ne s’y prendrait pas autrement pour marquer son époque, faisant évoluer son blues dans le sens de l’avenir et lui offrant un souffle nouveau que le public n’est pas forcément encore prêt à accepter dès aujourd’hui mais qui, à n’en point douter, sera la règle à suivre impérativement pour être dans le coup d’ici quelques années. C’est avec des gens comme Eric Bling et des morceaux comme «The Gran’ Rail Road », « Wood Guitar » ou « I’m A Man » que l’histoire avancera sans trop se répéter … Et vous ne viendrez pas dire qu’on ne vous aura pas prévenus!
ZICAZIC

En fait, il y a déjà eu deux album. Un premier, bricolé maison en 2003 intitulé “Get out of here”. Un vrai travail de “collage professionnel”. Eric s’amuse à reprendre et distordre des riffs. Le père d’Eric écoute Otis Reding et vit au rythme du blues, le groove lui est resté et il nous affirme ne savoir jouer que ça même s’il écoute tous styles de musique. N’empêche que ce bricolage parfois teinté de légère sonorités empruntées à l’électro arrive dans les mains de la Fnac et séduit en Angleterre avant d’atterrir aux Etats-Unis. S’ensuit une période de tournée pendant laquelle il écrit, “What’s nu”. Eh oui, Eric est un peu comme ça, c’est sur le vif qu’il écrit, et il sait vous transmettre ses sensations quand il est sur scène. C’est un homme du in et du out, le yang et le ying, la pression et la raison, le live et le studio.

Mais dites donc, c’est comment d’être un jeune Bordelais passionné de Blues, c’est pas vraiment le folklore de la région?

“Mon projet était complètement décalé, on me disait “ça ne marchera jamais”. Je continue à faire ma petite recherche dans mon petit coin.”

C’est Rick Sanders qui l’a fait venir aux Etat-Unis et c’est après seulement qu’il est invité dans les prestigieux festivals de blues tels que le Festival des Tremblants (Quebec – CA), le Spitz Blues Festival (Londres-UK), le Festival Blue Passion de Cognac (Cognac – FR), le Festival Blues autour du Zinc (Beauvais – FR)…

Internet = Voyage

“Mon projet de toujours “c’est bien que la musique voyage”. Donc je trouve ça très bien que tout le monde y accès.”

Eric voyage, sa musique avant et après lui. Ayant vite compris qu’internet lui permettrai de se faire connaître ailleurs, il a utilisé Myspace dès ses début, s’en sert comme carte de visite, une démo en réseau qui lui permet aussi de rencontrer des musiciens qui le soutiendront et participent à rendre sa musique crédible.

“J’ai monté un myspace parce qu’un journaliste de Bordeaux me l’avait conseillé. J’ai mis en ligne quelques titres. J’ai fait une première tournée au Canada. C’était la base de communication sur ce projet là. J’y ai notamment rencontré pleins d’amis musiciens. Amis car on se voit souvent en festival et qu’on se supportent mutuellement.”

Mais la gratuité, c’est un peu gênant non?

“La gratuité. De toute manière, aujourd’hui, tout coûte cher. Le cinéma, les bouquins, donc c’est très bien que la musique, qui est vitale, soit libre d’accès. L’accès à une culture, universellement.”

Les réseaux sociaux, il ne s’y est pas encore penché mais y voit très bien le potentiel au niveau communication et en plus l’aspect qui lui plait c’est que “ça décentralise la gestion et c’est très bien”. La stratégie web, ce sera donc évidemment pour la sortie de ce nouvel album. Il ne sait pas très bien comment il va s’embarquer dans cette nouvelle expérience mais en tous les cas sans à priori, sans hantise et il nous a même semblé un peu excité par ces inconnus que sont Twitter, Facebook et autres à ses yeux.

Frédéric Martel nous fait part de plusieurs témoignages dans son ouvrage intitulé “Mainstream” par lesquels certaines personnes de l’industrie voient le Blues, et la Christian music devenir peu à peu “mainstream”. Nous demandons donc à Eric s’il perçoit la même chose d’ici puisque mainstream égal international.

“Le Trip hop blues, ça commence à arriver. Des artistes américains comme Son of Dave ou Saesik steve commencent à sérieusement attirer l’attention des auditeurs sur ce style “de niche”.”

Eric voyage toujours quasiment seul. Son spectacle est travaillé de manière à ce qu’il n’ai besoin de déplacé que lui et sa guitare. Il a cependant un personnage fétiche qui, s’il peut l’amener, l’aide à sublimer sa musique. Ce personnage, du nom de Valoy, le suit depuis toujours sur scène en temps qu’ingénieur du son (personnage clé pour tout musicien qui respecte son travail) et la compréhension qu’il a de la musique d’Eric est telle qu’il a cette fois accompagné Eric en studio et a participer à l’artistique de ce nouveau projet.

Cet album nous est offert par Banzaï Lab, un label d’expérimentation Bordelais dont nous avions déjà parlé lors de la mise en avant de Senbeï, The Kid, un autre de leur artistes surprenant qui nous avait séduit.

Eric nous demande aussi de remercier La pépinière du Krakatoa et la Nef (Angoulême), des acteurs de l’ombre qui l’ont soutenus dans la réalisation de cet album qui paraîtra d’abord en version “collector” en mai puis une sortie “standard” à l’automne.

Eric est un artiste passionné qui travail dur pour que nous autres, en partageant et en optimisant le talent qui lui a été offert, lui permettions de participer à “la diversité culturelle” du paysage français et mondial. Afin de sauvergarder et soutenir une culture saine, diverse et de qualité, nous vous suggérons fortement d’acheter les oeuvres de ce bonhomme. En attendant “A room over my Head” rattrapez le temps perdu si ce n’est déjà fait avec “What’s Up“.

Retrouvez Eric Bling sur Myspace

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- Découvrez Cheyenne by Left Lane Cruiser

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Crédit cover: Jérôme Charbonnier

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SXSW: un petit air de country http://owni.fr/2011/03/15/sxsw-un-petit-air-de-country/ http://owni.fr/2011/03/15/sxsw-un-petit-air-de-country/#comments Tue, 15 Mar 2011 07:56:15 +0000 Lara Beswick http://owni.fr/?p=51171 Cette semaine se tient le grand rassemblement international SXSW (South by SouthWest). Entre musique, cinéma et nouvelles technologies, l’évènement a su conquérir les acteurs et amoureux de ces univers. Son site internet ainsi que de nombreux articles sont déjà revenus sur ses 25 premières années d’existence. Fort de cette longévité, SXSW est désormais un événement incontournable. Lors de sa première édition en 1987 alors consacrée à la musique, ses instigateurs accueillirent 700 participants au lieu des cent initialement prévus, démontrant dès lors son intérêt.

Afin de célébrer à notre manière les vingt-cinq ans d’un des plus grands festivals au monde, nous avons décidé de revenir sur le contexte culturel dans lequel il a vu le jour.

Ce texte est largement inspiré d’un livre : Mainstream de Frederic Martel, dans lequel l’auteur fait le tour du monde pour essayer de comprendre ce qui devient mainstream et pourquoi. Au cours de son chapitre consacré à “l’invention de la pop music”, Fréderic Martel fait alors un passage à Nashville : centre stratégique incontournable pour l’industrie de la musique aux Etats-Unis, avec New York et Los Angeles.

Si Nashville est incontournable pour les Américains (le marché de la country est estimé à 10% des ventes de disques et de numérique aux Etat-Unis), elle reste plus ou moins inconnue par le reste de la planète. La musique historiquement légendaire qui est produite dans la région centrale Sud des Etats-Unis, s’exporte mal et reste le fruit d’une tradition locale. Définie par certains comme la poésie des Etats-Unis, il semblerait que la nature populaire et traditionnelle de ces musiques peine à se faire adopter par le monde comme le R’N’B, le rock ou la pop l’ont été.

Nashville, un centre névralgique pour l’industrie musicale aux Etats-Unis

Depuis les années 1960, Nashville représente le deuxième point stratégique et incontournable pour l’industrie de la musique après New York. De grands labels y ont installé des bureaux même si les tâches administratives et juridiques sont traitées aux sièges situés à Los Angeles et New York.

Nashville est considéré comme le berceau de la musique country. Situé entre le Kansas, l’Arkansa et le Mississippi, le “delta” est une zone inondable qui facilite la culture de coton. Les esclaves et les immigrés anglo-irlandais s’y installent et une culture originale naît de cette nouvelle mixité. Le blues (Musique noire) et la country (Musique blanche) se fréquentent et se chamaillent. Ces musiques, défendues par des musiciens de cultures différentes, ne cessent de se croiser.

L’âge de l’enregistreur et de la radiodiffusion métamorphose la vie des musiciens à la fin du XIXème siècle. La Country Music va alors connaître un extraordinaire rayonnement. L’industrie du disque recherche de nouveaux genres musicaux dans le sud, où il existe déjà un foisonnement musical. Il fallait un berceau à la Country Music, ce sera Nashville, surnommée plus tard la “Music City“.

Cette ville devient alors un véritable point de ralliement pour tous les musiciens américains proches de cette culture. Elvis Presley y a enregistré de la musique en studio. Johnny Cash, le célèbre chanteur en noir, emblème de la musique country, originaire de Kingsland, Arkansas meurt le 12 septembre 2003 à Nashville, Tennessee. Bob Dylan y enregistre plusieurs albums, accompagné par des musiciens locaux, dont le mythique Blonde On Blonde ou encore Nashville Skyline.

A l’intérieur de Nashville, un quartier va devenir le centre de toutes les préoccupations. Music Row est situé entre la 16ème et la 17ème avenue. Ce quartier est baptisé le Music Square East et c’est “l’adresse où il faut aller à Nashville pour trouver les sièges des majors, les studios d’enregistrement et les bureaux des télévisions musicales.” (Mainstream)

Né au début du XXe siècle, la country est d’abord la musique du monde rural blanc des États-Unis. Ce courant va subir diverses influences, parmi lesquelles le blues, et donner lieux à différents styles : le country-blues, le bluegrass, le country-western ou encore le country-rock.

Blues vs. Country

Le blues, c’est la musique des classes populaires noires, comme la country est la musique des classes populaires blanches. (Shelley Ritter – directrice du Delta Blues Museum, pour Mainstream)

Clacksdale est une petite ville du Nord-Ouest du Mississippi. Cette ville a été très importante pour le blues et de nombreux musiciens tels Sam Cooke, Junior Parker, Bukka White, Son House, John Lee Hooker, Jackie Brenston, Ike Turner, Eddie BoydWillie Brown et Johnny B. Moore y sont nés. Mais l’histoire de la musique blues y a plus ou moins été effacée à l’exception du petit musée touristique, le Delta Blues Museum. A l’époque, le blues n’est pas vraiment considéré, sûrement à cause du racisme ambiant propre à cette période. Il n’en reste pas moins une influence importante pour les musique interprétées par les blancs.

Blues et Country Music, naissent, grandissent et prospèrent sur le même terreau : le spleen et l’engagement. Au fil des ans, ces deux sœurs ne cesseront d’échanger leurs bons procédés et leurs meilleurs champions : Ray Charles le “countryse” d’un coté, et Willie Nelson le “jazze” de l’autre.

Quand le blues se joue dans des “juke joints”, la country, elle, se joue dans des “Honky tonks”. Toutes deux sont des musiques faites par et pour les classes populaires. La country-music a débuté comme une musique partagée par des musiciens noirs et blancs. Ces deux genres constituaient des musiques partageant des valeurs sociales semblables, parmi lesquelles le courage et la solidarité.

Malgré une structure harmonique bien définie, le blues est une chronique autobiographique et poétique, plus focalisé sur les paroles que la musique. Elle décrit la complaintes des esclaves, exploités par les émigrés/colons européens, toujours entre humour et mélancolie.

La country, elle, prend ses origines dans les Apalaches. Débarqués aux Etats-Unis en 1734, les premiers émigrants irlandais, anglais, gallois, écossais et espagnols on pour but de conquérir le nouveau monde et refaire leur vie. Le violon irlandais, le dulcimer allemand, la mandoline italienne, la guitare espagnole et le banjo africain sont les instruments les plus communs. Les interactions entre les musiciens issus de groupes ethniques différents feront naître ce genre unique qu’est la country.

La country est au centre de toute une économie. Embrassé par l’industrie de la musique, ce genre musical sera copié, modifié et verra même naître un grand nombre de dérivés nommés par les gourous du marketing. Du blues country en passant par le Hill Billy, le psychobilly, le rockabilly, la soul country ou encore le bluegrass, la country s’inspire et inspire, mais reste le représentant d’une culture locale et rurale qui pour la plupart d’entre nous reste une musique de “cowboy”.

Le blues et la country sont donc toutes deux décrites comme étant la poésie des Etats-Unis. L’une bénéficiant des stratégies de l’industrie musicale, l’autre restant une source d’inspiration importante pour la première. Pour Brenn Beck, pillier du groupe Left Lane Cruiser (que vous pouvez écouter sur OWNImusic), quand on lui demande quelle est selon lui la différence entre ces deux genres, il nous répond qu’ils ont toujours évolué côte à côte. Le whisky et les travaux physiques éprouvés par les deux communautés ont toujours inspiré ces genres. Par conséquent, la seule chose qui différencie l’un de l’autre est la couleur de peau de ses instigateurs.

Une autre chose qui contribue à relier ces deux style est la source très rurale de ces musiques. A contrario, le jazz est intrinsèquement une musique plus urbaine. C’est ainsi que la soul et le R’N’B produits dans le Tennessee dans les années 1950 ont vu leurs labels s’installer à New York et Los Angeles dès les années 1970.

La country est une musique très enracinée dans la vie locale. On l’écoute à la radio, mais on la joue aussi dans les “honky tonks”, les petits bars traditionnels blancs, un peu comme on fait le blues dans les “juke joints”, les petits bars du Sud Américain rural et noir. C’est pour ça qu’elle s’exporte mal, elle est trop locale [...] On ne vend pas de country à Londres, par exemple, c’est trop urbain. (Luke Lewis, PDG d’Universal music à Nashville pour Mainstream)

Gospel vs. Christian music

Fortement imprégnée par des musiques populaires, cette région du sud des Etats-Unis voit pourtant émerger deux styles musicaux très différents : le Gospel et la Christian Music (Gospel pour les blanc, souvent surnommé le “Southern Gospel”).

Au fond, nous faisons partie de la musique gospel. On pense souvent que le gospel est une musique noire, mais c’est d’abord une musique chrétienne. Et nous, nous faisons de la musique chrétienne qui est simplement blanche. (Dwayne Walker, Directeur du département artistique de Light Records, label spécialisé dans la musique Christian pour Mainstream)

Quand nous demandons à Benn Beck de nous expliquer la différence entre les deux genres, il nous répond que la différence majeure c’est que le gospel a une âme alors que la musique chrétienne émane d’une intention commerciale. La musique blanche est moins sujette à polémique que la musique noire et c’est en ce sens que l’industrie jette son dévolu sur le country et invente la christian music. Le Gospel reste à 99% noir quand la musique chrétienne reste à 99% blanche même si, à Nashville, la Gospel Music Association est le lobby officiel à la fois pour le gospel noir et la musique chrétienne.

A l’instar de la country, la “Christian music” se subdivise en de nombreux courants : Christian rock, southern gospel, jesus rock, god rock, gospel rock, christian rap et même rock “inspirationnel”. Nashville est connue pour être l’une des villes Américaines comptant le plus d’églises au kilomètre/carré. Au point même que l’on appelle cette région la “bible belt”, la région de la bible.

Encore une fois, la différence majeure entre le gospel et la musique chrétienne reste une histoire de couleur mais l’une et l’autre sont intrinséquement liées, l’une étant exploitée officiellement, et l’autre inspiratrice des musiques à destination commerciales.

En explorant tous les paramètres des musiques du sud des Etats-Unis, nous essayons toujours de comprendre pourquoi SXSW s’est installé à Austin plutôt qu’à Nashville et nous devons admettre que la raison de cette délocalisation reste assez mystérieuse à nos yeux même si quelques éléments pourraient expliquer ce phénomène.

Pourquoi SXSW est-il à Austin?

L’industrie de la musique ayant choisi comme centre Nashville, on se demande pourquoi Louis Black, Roland Swenson et Louis Meyers ont décidé de monter le fameux festival à Austin.

Un des éléments a priori des plus pertinents reste que Nashville est une ville de compositeurs, LA ville de la musique enregistrée, alors que SXSW est surtout un festival de “musique vivante”. Les mécanismes de l’industrie, à l’instar de ceux de la Motown, ont été adoptés à Nashville. Des éditeurs trouvent des compositeurs et des maisons de disques alors que des labels font interpréter les compositions et exploitent les versions enregistrées. Nashville a toujours fonctionné de cette manière et reste à priori une ville de compositeurs et de musiques enregistrées.

“L’éditeur est l’élément central de l’industrie à Nashville et les maisons de disque possèdent d’abord, et avant tout, le répertoire.” (Eddie de Garno, le PD-G d’EMI-Christian group Music Group pour Mainstream).

Quand nous posons la question à Frederic Martel, auteur de De la Culture en Amérique et Mainstream, il répond : “Nashville c’est vraiment la musique enregistrée chrétienne et country ; pas trop les concerts. Austin c’est beaucoup plus les concerts et aussi plus le rock et le blues, bref autre chose.”

Nous pensons cependant que la réunion de plusieurs paramètres indispensables au succès d’un tel festival contribuent à ce que cet évènement soit situé à Austin plus qu’à Nashville.

On the top of the list, Austin, en plus d’être la ville d’origine de nombreux musiciens tel Willie Nelson ou Janis Joplin, est aussi un berceau de la haute technologie. On surnomme même cette région la “Silicon Hill”. Parmis les plus gros employeurs d’Austin, on peut citer 3M, Apple, Hewlett-Packard, Google, AMD,Applied Materials, Cirrus Logic, Cisco Systems, eBay/PayPal, Hoover’s, Intel Corporation, National Instruments, Samsung Group, Silicon Laboratories, Sun Microsystems ou encore United Devices, ce qui, justifie largement la mise en place de SXSW interactive, au sein de ce même festival originellement destiné à la musique. Des milliers de diplômés en informatique ou en ingénierie sortent chaque année de l’université du Texas à Austin et constituent une source stable d’employés pour la ville. Perturbés par la sphère Internet dans les années 90, les fondateurs de SXSW avaient-ils déjà préssenti le rapprochement inévitable qui devait avoir lieu entre les nouvelles technologies et les industries culturelles ?

Les quelques 4000 universités des États-Unis forment les publics de demain, irriguent artistiquement des régions entières avec leurs 700 musées, 110 maisons d’édition et 3500 bibliothèques, dont 65 possèdent plus de 2,5 millions d’oeuvres chacune et 2300 Performing Arts Centers.

Ceci peut aussi expliquer cela. Austin, largement peuplée d’étudiants fait de cette capitale une ville propice au développement culturel et en particulier au développement du live et…explique une certaine passion pour le rock, plus contemporain, la musique du chaos où toutes les influences sont permises.

Autre élément, la ville a toujours été réputée pour ses clubs et bars squattés par les Généraux pendant la guerre civile dès le 19ème siècle. Aujourd’hui, gouvernement général des Etats-Unis, est l’un des plus gros employeurs d’Austin, connue pour être une ville cosmopolite et fêtarde où le mélange des genres est ainsi permis et le lourd passé de l’appartheid s’y trouve obsolète.

Austin, ville des Etats-Unis, où le ministère de la culture est nulle part mais la vie culturelle partout, montre encore une fois ce que l’industrie peut apporter à la culture. Alors que le secteur musical en France fait sans cesse appel au gouvernement pour régler ses tracas internes. Un système où la loi du commerce régit les cultures, on n’en voudrait pour rien au monde. Pourtant, alors que le monde est en crise, SXSW bat son plein et le dynamisme des secteurs culturels et de l’innovation est certain. Things to think about.

Article initialement publié sur OWNImusic

Crédits photos CC flickr :City On Fire, bluestuff1966; Peat Bakke; pixajen; eric veland

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Découvrez Cheyenne by Left Lane Cruiser http://owni.fr/2011/03/14/decouvrez-cheyenne-by-left-lane-cruiser/ http://owni.fr/2011/03/14/decouvrez-cheyenne-by-left-lane-cruiser/#comments Mon, 14 Mar 2011 17:26:22 +0000 Lara Beswick http://owni.fr/?p=31077 Alors que le festival international SXSW (South By Southwest) a ouvert ses portes le 11 mars et se prolongera jusqu’au 20, nous avons voulu en profiter pour remettre la culture musicale du centre-sud de l’Amérique sous les projecteurs. SXSW, c’est à Austin, Texas que ça se passe. Situé à quelques centaines de kilomètres de la Nouvelle-Orléans en Louisiane, de Memphis ou de Nashville dans le Tennessee, de Clacksdale dans le Mississipi ou encore Little Rock dans l’Arkansas, Austin appartient à une région dont le foisonnement culturel est certain. Vous pourrez trouver plus de détails quand à l’histoire musicale de cette région ici.

Mais finalement, quoi de mieux que la musique pour illustrer notre propos ? C’est en ce sens nous vous avons sélectionné un titre des Left Lane Cruiser composé de Brenn Beck (harmonica, voix et batterie) et Fredrick “Joe” Evans IV (slide guitare et voix). Tous deux sont signés par Keith Malette (interviewé pour l’occasion), fondateur du label légendaire Hillgrass Blubilly qui, comme son nom l’indique se fait le gardien des genres et de leurs croisements le Hillbilly, le bluegrass et le blues. Cheyenne, c’est la toute première chanson que le duo ait composé, c’est l’histoire d’un coup de foudre, que nous avons le plaisir de vous présenter aujourd’hui.

Interview Left Lane Cruiser :

Pourrais-tu nous raconter l’histoire de Left Lane Cruise ? Quelles sont vos influences ?

J’ai connu la femme de Joe longtemps avant de le rencontrer. Elle nous a présentés puis nous avons commencé à jouer. Ce premier jour, le courant est passé. Nous avons en fait écrit Cheyenne ce jour là. C’est la toute première chanson que nous avons écrite. Nous avons aussi beaucoup joué de R.L Runside ce jour là. Joe et moi sommes tous deux de grands admirateurs de Fat Possum Records. R.L Burnside, Junior Kimbrough, T-Model Ford. Nous avons aussi grandi avec le rock classique.

Comment en êtes-vous arrivés à la musique? et au blues?

La musique fait partie intégrante de nos deux familles. Mon père joue de la batterie alors j’ai grandi en jouant sur ses kits. Pendant des années j’ai eu un groupe avec mon oncle et mes cousins. Joe a aussi grandi entouré de musique. Son père avait l’habitude de lui jouer de la guitare quand il était enfant. La musique coule dans nos veines depuis longtemps. En ce qui concerne le blues…eh bien pourquoi pas ?

Peux-t-on dire que le mix que vous représentez “Blues / Garage / Punk” soit la conséquence de ces genres ce soient mondialisés et sont donc plus accessibles?

J’imagine qu’on peut dire ça. On voit clairement de plus en plus de groupes essayer différents mélanges et différents genres. Pour nous, il se trouve que nous adorons les trois genres, ils se retrouvent donc tous dans notre musique.

Quel est la différence selon vous entre le blues, la country, le gospel et la musique chrétienne ? Chaque communauté a-t-elle tendance à rester séparée ou les mélanges sont-ils de plus en plus fréquents ? Si oui depuis quand ?

Man, ça fait longtemps que le blues et la country dansent ensemble ! Les deux sont imprégnés de whisky et de travail harassant. J’imagine que la country à toujours eu tendance à être plus “blanche”. Comme tous les genres, ils se sont inspirés de ce que les vieux loups du blues faisaient. Mais bon, eux aussi ont du s’inspirer de quelqu’un d’autre. La différence entre le Gospel et la musique chrétienne, c’est que le gospel a une âme. Les gens jouent du gospel pour évoquer une sorte de connection spirituelle. A mon avis, les gens qui joue du rock chrétien le font pour l’argent d’après un concept qui est exploité depuis longtemps.

Quel est votre ressenti par rapport à internet ? L’utilisez-vous à des fins personnelles ? Le blues y survivra-t-il ?

Internet, c’est génial. Personne ne saurait qui on est si internet n’existait pas. Le blues survivra toujours. Il y aura toujours des puristes qui aiment jouer les mêmes 12 mesures à l’infini. Mais ce qui intéressant à mes yeux, ce sont les gens qui poussent le blues à au delà de ses limites et qui l’amènent à un niveau supérieur.

Depuis que vous avez commencé à jouer, quels sont les changements majeurs que vous avez observé dans l’industrie, dans le style que vous jouez et plus généralement, dans votre région?

On note clairement un plus grand enthousiasme et une plus grande conscience du genre. Il y a 5 ans, quand on parlait de R.L Burnside, personne ne savait de qui il s’agissait. Maintenant, les gens se battent pour faire des covers de R.L. C’est aussi, le grand retour du vinyl. Les gens préfèrent un vinyl qu’un CD ou un téléchargement.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

La plupart des grands labels ayant leurs siège à Nashville, comment expliquez-vous qu’il y ait une scène aussi active à Austin?

Keith Mallette (du label Hillgrass Bluebilly Records). Pour nous, c’est aussi simple que ça.

Qu’est que SXSW signifie pour toi?

Une belle exposition. Nous avons toujours beaucoup profité du fait de jouer à SXSW. Tout le monde y est, alors aux concerts on voit toujours des gens qu’on avait jamais vus avant.

Interview Keith Malette de Hillbilly Bluegrass :

Pourrais-tu nous raconter un peu l’histoire de Hillgrass Bluebilly?

Nous sommes le premier mouvement “punk roots” à s’être fait connaître en tant qu’agence de communication, tourneur et maison de production. Nous avons une mission : être le meilleur tremplin, et proposer les meilleurs deals ! Nous sommes des hommes, nous vous traitons comme des hommes, nous vous parlons comme des hommes. Nous sommes là pour vous défendre et vous protéger, nous sommes aussi là pour vous nourrir et vous permettre de vous réaliser.

Quelle est la vision de Hillgrass Bluebilly ? Qu’est que vous défendez?

Ha ha, vous avez un train d’avance sur moi ! Je vous ai à l’oeil ! Notre vision est de représenter, tenir le sol, et de TOUJOURS sortir de bons disques, du début à la fin, pas d’excuses. C’est ça le vrai deal. C’est naze que je doive instaurer cette règle moi-même, mais je suis soutenu. C’est une bataille quotidienne mais en fin de compte ça n’est pas le but en soi. Je sens que nous défendons une conduite, une lutte, de la passion et les mouvements de l’âme et du coeur, de la determination, une unité spirituelle de l’incontrôlable, incontestable, dangeureuse, une molécule brute & primaire.

Quelles sont les principales différences marketing entre les genres que vous défendez?

Les préférences personnelles des gens, les contenus, les contextes et l’orchestration. Certains fans ont besoins de pleurer… d’autres ont besoin de remuer leurs fesses.

Vos auditeurs vous suivent-ils sur le web ? Réussissez-vous à toucher plus de monde grâce à internet? Comment votre label s’est-il adapté à ce nouveau medium?

Le nouveau medium nous a adopté. Je me souviens d’avoir ouvert tous les comptes myspace de tous les artistes du label et d’autres comme Weary Boys, Joe Lewis et plusieurs autres… La rue nous aide beaucoup, mais internet à beaucoup compté pour nous… comment pourrait-il en être autrement ? Mais je suis prêt à retourner dans la rue et j’ai déjà prévu deux trois trucs qui nous le permettra cette année.

Quels sont les pays où vous exportez le plus?

L’Allemagne, l’Australie, la France, l’Amérique…nous avons une diffusion plutôt homogène en fait.

Certains acteurs prétendent que la musique chrétienne et le blues sont à deux doigts de devenir mainstream, pensez-vous la même chose?

Le blues est un sujet délicat, quel genre de blues devient mainstream? Aux Etats-Unis, on s’attend à ce que la communauté blues se meure petit à petit. La moyenne d’âge de ces acteurs est à plus de 46 ans, alors il ne faudra pas longtemps avant que ce soit fini. Nous, nous sommes dores et déjà placés de manière stratégique dans les conseils d’administration et en tant que dirigeants de certaines de ces communautés, ce qui signifie qu’il existe encore de quoi se battre. Peut-être restera-t-il des acteurs qui sait ? (rires).

Qu’est ce que SXSW signifie pour vous ?

C’est plutôt, “qu’est ce que je signifie pour SXSW?” !

Sur la même thématique et dans le cadre du focus sur le folklore Américain, vous pouvez lire les articles suivants sur OWNImusic :

- OWNI X SXSW : un petit air de country

- Découvrez I Don’t Wanna by Eric Bling

- Le blues vu de l’hexagone

Crédits photos CC flickr : Jackie Kingsburry; Insomnigrass, waltarrrrr ; crédit cover : Anderson Design prettygoodposters.com

Retrouvez Left Lane Cruiser sur Facebook.

Visitez le site de Nayati Dreams, distributeur officiel et exclusif de Hillgrass Bluebilly en france.

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OWNI x SXSW : un petit air de country http://owni.fr/2011/03/14/owni-x-sxsw-un-petit-air-de-country/ http://owni.fr/2011/03/14/owni-x-sxsw-un-petit-air-de-country/#comments Mon, 14 Mar 2011 15:39:01 +0000 Lara Beswick http://owni.fr/?p=31089 Cette semaine se tient le grand rassemblement international SXSW (South by SouthWest). Entre musique, cinéma et nouvelles technologies, l’évènement a su conquérir les acteurs et amoureux de ces univers. Son site internet ainsi que de nombreux articles sont déjà revenus sur ses 25 premières années d’existence. Fort de cette longévité, SXSW est désormais un événement incontournable. Lors de sa première édition en 1987 alors consacrée à la musique, ses instigateurs accueillirent 700 participants au lieu des cent initialement prévus, démontrant dès lors son intérêt.

Afin de célébrer à notre manière les vingt-cinq ans d’un des plus grands festivals au monde, nous avons décidé de revenir sur le contexte culturel dans lequel il a vu le jour.

Ce texte est largement inspiré d’un livre : Mainstream de Frederic Martel, dans lequel l’auteur fait le tour du monde pour essayer de comprendre ce qui devient mainstream et pourquoi. Au cours de son chapitre consacré à “l’invention de la pop music”, Fréderic Martel fait alors un passage à Nashville : centre stratégique incontournable pour l’industrie de la musique aux Etats-Unis, avec New York et Los Angeles.

Si Nashville est incontournable pour les Américains (le marché de la country est estimé à 10% des ventes de disques et de numérique aux Etat-Unis), elle reste plus ou moins inconnue par le reste de la planète. La musique historiquement légendaire qui est produite dans la région centrale Sud des Etats-Unis, s’exporte mal et reste le fruit d’une tradition locale. Définie par certains comme la poésie des Etats-Unis, il semblerait que la nature populaire et traditionnelle de ces musiques peine à se faire adopter par le monde comme le R’N’B, le rock ou la pop l’ont été.

Nashville, un centre névralgique pour l’industrie musicale aux Etats-Unis

Depuis les années 1960, Nashville représente le deuxième point stratégique et incontournable pour l’industrie de la musique après New York. De grands labels y ont installé des bureaux même si les tâches administratives et juridiques sont traitées aux sièges situés à Los Angeles et New York.

Nashville est considéré comme le berceau de la musique country. Situé entre le Kansas, l’Arkansa et le Mississippi, le “delta” est une zone inondable qui facilite la culture de coton. Les esclaves et les immigrés anglo-irlandais s’y installent et une culture originale naît de cette nouvelle mixité. Le blues (Musique noire) et la country (Musique blanche) se fréquentent et se chamaillent. Ces musiques, défendues par des musiciens de cultures différentes, ne cessent de se croiser.

L’âge de l’enregistreur et de la radiodiffusion métamorphose la vie des musiciens à la fin du XIXème siècle. La Country Music va alors connaître un extraordinaire rayonnement. L’industrie du disque recherche de nouveaux genres musicaux dans le sud, où il existe déjà un foisonnement musical. Il fallait un berceau à la Country Music, ce sera Nashville, surnommée plus tard la “Music City“.

Cette ville devient alors un véritable point de ralliement pour tous les musiciens américains proches de cette culture. Elvis Presley y a enregistré de la musique en studio. Johnny Cash, le célèbre chanteur en noir, emblème de la musique country, originaire de Kingsland, Arkansas meurt le 12 septembre 2003 à Nashville, Tennessee. Bob Dylan y enregistre plusieurs albums, accompagné par des musiciens locaux, dont le mythique Blonde On Blonde ou encore Nashville Skyline.

A l’intérieur de Nashville, un quartier va devenir le centre de toutes les préoccupations. Music Row est situé entre la 16ème et la 17ème avenue. Ce quartier est baptisé le Music Square East et c’est “l’adresse où il faut aller à Nashville pour trouver les sièges des majors, les studios d’enregistrement et les bureaux des télévisions musicales.” (Mainstream)

Né au début du XXe siècle, la country est d’abord la musique du monde rural blanc des États-Unis. Ce courant va subir diverses influences, parmi lesquelles le blues, et donner lieux à différents styles : le country-blues, le bluegrass, le country-western ou encore le country-rock.

Blues vs. Country

Le blues, c’est la musique des classes populaires noires, comme la country est la musique des classes populaires blanches. (Shelley Ritter – directrice du Delta Blues Museum, pour Mainstream)

Clacksdale est une petite ville du Nord-Ouest du Mississippi. Cette ville a été très importante pour le blues et de nombreux musiciens tels Sam Cooke, Junior Parker, Bukka White, Son House, John Lee Hooker, Jackie Brenston, Ike Turner, Eddie BoydWillie Brown et Johnny B. Moore y sont nés. Mais l’histoire de la musique blues y a plus ou moins été effacée à l’exception du petit musée touristique, le Delta Blues Museum. A l’époque, le blues n’est pas vraiment considéré, sûrement à cause du racisme ambiant propre à cette période. Il n’en reste pas moins une influence importante pour les musique interprétées par les blancs.

Blues et Country Music, naissent, grandissent et prospèrent sur le même terreau : le spleen et l’engagement. Au fil des ans, ces deux sœurs ne cesseront d’échanger leurs bons procédés et leurs meilleurs champions : Ray Charles le “countryse” d’un coté, et Willie Nelson le “jazze” de l’autre.

Quand le blues se joue dans des “juke joints”, la country, elle, se joue dans des “Honky tonks”. Toutes deux sont des musiques faites par et pour les classes populaires. La country-music a débuté comme une musique partagée par des musiciens noirs et blancs. Ces deux genres constituaient des musiques partageant des valeurs sociales semblables, parmi lesquelles le courage et la solidarité.

Malgré une structure harmonique bien définie, le blues est une chronique autobiographique et poétique, plus focalisé sur les paroles que la musique. Elle décrit la complaintes des esclaves, exploités par les émigrés/colons européens, toujours entre humour et mélancolie.

La country, elle, prend ses origines dans les Apalaches. Débarqués aux Etats-Unis en 1734, les premiers émigrants irlandais, anglais, gallois, écossais et espagnols on pour but de conquérir le nouveau monde et refaire leur vie. Le violon irlandais, le dulcimer allemand, la mandoline italienne, la guitare espagnole et le banjo africain sont les instruments les plus communs. Les interactions entre les musiciens issus de groupes ethniques différents feront naître ce genre unique qu’est la country.

La country est au centre de toute une économie. Embrassé par l’industrie de la musique, ce genre musical sera copié, modifié et verra même naître un grand nombre de dérivés nommés par les gourous du marketing. Du blues country en passant par le Hill Billy, le psychobilly, le rockabilly, la soul country ou encore le bluegrass, la country s’inspire et inspire, mais reste le représentant d’une culture locale et rurale qui pour la plupart d’entre nous reste une musique de “cowboy”.

Le blues et la country sont donc toutes deux décrites comme étant la poésie des Etats-Unis. L’une bénéficiant des stratégies de l’industrie musicale, l’autre restant une source d’inspiration importante pour la première. Pour Brenn Beck, pillier du groupe Left Lane Cruiser (que vous pouvez écouter sur OWNImusic), quand on lui demande quelle est selon lui la différence entre ces deux genres, il nous répond qu’ils ont toujours évolué côte à côte. Le whisky et les travaux physiques éprouvés par les deux communautés ont toujours inspiré ces genres. Par conséquent, la seule chose qui différencie l’un de l’autre est la couleur de peau de ses instigateurs.

Une autre chose qui contribue à relier ces deux style est la source très rurale de ces musiques. A contrario, le jazz est intrinsèquement une musique plus urbaine. C’est ainsi que la soul et le R’N’B produits dans le Tennessee dans les années 1950 ont vu leurs labels s’installer à New York et Los Angeles dès les années 1970.

La country est une musique très enracinée dans la vie locale. On l’écoute à la radio, mais on la joue aussi dans les “honky tonks”, les petits bars traditionnels blancs, un peu comme on fait le blues dans les “juke joints”, les petits bars du Sud Américain rural et noir. C’est pour ça qu’elle s’exporte mal, elle est trop locale [...] On ne vend pas de country à Londres, par exemple, c’est trop urbain. (Luke Lewis, PDG d’Universal music à Nashville pour Mainstream)

Gospel vs. Christian music

Fortement imprégnée par des musiques populaires, cette région du sud des Etats-Unis voit pourtant émerger deux styles musicaux très différents : le Gospel et la Christian Music (Gospel pour les blanc, souvent surnommé le “Southern Gospel”).

Au fond, nous faisons partie de la musique gospel. On pense souvent que le gospel est une musique noire, mais c’est d’abord une musique chrétienne. Et nous, nous faisons de la musique chrétienne qui est simplement blanche. (Dwayne Walker, Directeur du département artistique de Light Records, label spécialisé dans la musique Christian pour Mainstream)

Quand nous demandons à Benn Beck de nous expliquer la différence entre les deux genres, il nous répond que la différence majeure c’est que le gospel a une âme alors que la musique chrétienne émane d’une intention commerciale. La musique blanche est moins sujette à polémique que la musique noire et c’est en ce sens que l’industrie jette son dévolu sur le country et invente la christian music. Le Gospel reste à 99% noir quand la musique chrétienne reste à 99% blanche même si, à Nashville, la Gospel Music Association est le lobby officiel à la fois pour le gospel noir et la musique chrétienne.

A l’instar de la country, la “Christian music” se subdivise en de nombreux courants : Christian rock, southern gospel, jesus rock, god rock, gospel rock, christian rap et même rock “inspirationnel”. Nashville est connue pour être l’une des villes Américaines comptant le plus d’églises au kilomètre/carré. Au point même que l’on appelle cette région la “bible belt”, la région de la bible.

Encore une fois, la différence majeure entre le gospel et la musique chrétienne reste une histoire de couleur mais l’une et l’autre sont intrinséquement liées, l’une étant exploitée officiellement, et l’autre inspiratrice des musiques à destination commerciales.

En explorant tous les paramètres des musiques du sud des Etats-Unis, nous essayons toujours de comprendre pourquoi SXSW s’est installé à Austin plutôt qu’à Nashville et nous devons admettre que la raison de cette délocalisation reste assez mystérieuse à nos yeux même si quelques éléments pourraient expliquer ce phénomène.

Pourquoi SXSW est-il à Austin?

L’industrie de la musique ayant choisi comme centre Nashville, on se demande pourquoi Louis Black, Roland Swenson et Louis Meyers ont décidé de monter le fameux festival à Austin.

Un des éléments a priori des plus pertinents reste que Nashville est une ville de compositeurs, LA ville de la musique enregistrée, alors que SXSW est surtout un festival de “musique vivante”. Les mécanismes de l’industrie, à l’instar de ceux de la Motown, ont été adoptés à Nashville. Des éditeurs trouvent des compositeurs et des maisons de disques alors que des labels font interpréter les compositions et exploitent les versions enregistrées. Nashville a toujours fonctionné de cette manière et reste à priori une ville de compositeurs et de musiques enregistrées.

“L’éditeur est l’élément central de l’industrie à Nashville et les maisons de disque possèdent d’abord, et avant tout, le répertoire.” (Eddie de Garno, le PD-G d’EMI-Christian group Music Group pour Mainstream).

Quand nous posons la question à Frederic Martel, auteur de De la Culture en Amérique et Mainstream, il répond : “Nashville c’est vraiment la musique enregistrée chrétienne et country ; pas trop les concerts. Austin c’est beaucoup plus les concerts et aussi plus le rock et le blues, bref autre chose.”

Nous pensons cependant que la réunion de plusieurs paramètres indispensables au succès d’un tel festival contribuent à ce que cet évènement soit situé à Austin plus qu’à Nashville.

On the top of the list, Austin, en plus d’être la ville d’origine de nombreux musiciens tel Willie Nelson ou Janis Joplin, est aussi un berceau de la haute technologie. On surnomme même cette région la “Silicon Hill”. Parmis les plus gros employeurs d’Austin, on peut citer 3M, Apple, Hewlett-Packard, Google, AMD,Applied Materials, Cirrus Logic, Cisco Systems, eBay/PayPal, Hoover’s, Intel Corporation, National Instruments, Samsung Group, Silicon Laboratories, Sun Microsystems ou encore United Devices, ce qui, justifie largement la mise en place de SXSW interactive, au sein de ce même festival originellement destiné à la musique. Des milliers de diplômés en informatique ou en ingénierie sortent chaque année de l’université du Texas à Austin et constituent une source stable d’employés pour la ville. Perturbés par la sphère Internet dans les années 90, les fondateurs de SXSW avaient-ils déjà préssenti le rapprochement inévitable qui devait avoir lieu entre les nouvelles technologies et les industries culturelles ?

Les quelques 4000 universités des États-Unis forment les publics de demain, irriguent artistiquement des régions entières avec leurs 700 musées, 110 maisons d’édition et 3500 bibliothèques, dont 65 possèdent plus de 2,5 millions d’oeuvres chacune et 2300 Performing Arts Centers.

Ceci peut aussi expliquer cela. Austin, largement peuplée d’étudiants fait de cette capitale une ville propice au développement culturel et en particulier au développement du live et…explique une certaine passion pour le rock, plus contemporain, la musique du chaos où toutes les influences sont permises.

Autre élément, la ville a toujours été réputée pour ses clubs et bars squattés par les Généraux pendant la guerre civile dès le 19ème siècle. Aujourd’hui, gouvernement général des Etats-Unis, est l’un des plus gros employeurs d’Austin, connue pour être une ville cosmopolite et fêtarde où le mélange des genres est ainsi permis et le lourd passé de l’appartheid s’y trouve obsolète.

Austin, ville des Etats-Unis, où le ministère de la culture est nulle part mais la vie culturelle partout, montre encore une fois ce que l’industrie peut apporter à la culture. Alors que le secteur musical en France fait sans cesse appel au gouvernement pour régler ses tracas internes. Un système où la loi du commerce régit les cultures, on n’en voudrait pour rien au monde. Pourtant, alors que le monde est en crise, SXSW bat son plein et le dynamisme des secteurs culturels et de l’innovation est certain. Things to think about.

Sur la même thématique et dans le cadre du focus sur le folklore Américain, vous pouvez lire les articles suivants sur OWNImusic :

- Découvrez Cheyenne by Left Lane Cruiser

- Découvrez I Don’t Wanna by Eric Bling

- Le blues vu de l’hexagone

Crédits photos CC flickr : elfike; bluestuff1966; Peat Bakke; pixajen; eric veland

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Slow Joe meets The Ginger Accident – When Are You Comin’ Home http://owni.fr/2010/11/15/slow-joe-meets-the-ginger-accident-when-are-you-comin-home/ http://owni.fr/2010/11/15/slow-joe-meets-the-ginger-accident-when-are-you-comin-home/#comments Mon, 15 Nov 2010 12:42:08 +0000 Loïc Dumoulin-Richet http://owni.fr/?p=27984 On aime bien que les artistes que nous vous proposons chaque semaine aient une histoire qui dépasse le simple cadre musical. Jusqu’à maintenant nous avons été servis, nos artistes ont tous ce petit supplément d’âme qui les rend uniques.

Le projet que nous vous offrons cette semaine va bien au-delà. L’histoire de Slow Joe est en effet assez incroyable, si improbable et passionnante qu’un attaché de presse n’oserait même pas la rêver.

Tout commence par une rencontre. Celle de Cédric de la Chappelle, jeune acteur de la scène musicale indépendante lyonnaise, et de Joe, un Indien de 65 ans. Cédric est en vacances en Inde en 2007 lorsque sur une plage, il écoute un vieil homme chanter le blues. Et il a une révélation.
Il faut dire que l’homme a de quoi intriguer : blessé à vie à la suite d’une déconvenue amoureuse survenue dans sa jeunesse, il voue son existence toute entière à chanter pour celle qui n’a pas voulu de lui et allant jusqu’à nier son identité en abandonnant ses papiers, il part chanter sa douleur sur les routes indiennes. Mais le vagabond, un temps victime d’une addiction à l’héroïne, ne se départit pas d’un anglais très soutenu et d’une classe absolue.

Cédric de la Chappelle et Slow Joe

Soufflé, Cédric de la Chappelle enregistre alors une heure de voix acapella. A son retour en France il travaille deux années durant à l’élaboration d’un album avec le groupe The Ginger Accident, mettant en musique la voix évocatrice de celui qui a illuminé son voyage. Le projet est présenté à Jean-Louis Brossard, qui est à la tête des Transmusicales de Rennes. Séduit, celui-ci veut celui qu’on appelle Slow Joe en raison de son flegme permanent  en ouverture de son festival en 2009. Commence alors un véritable parcours du combattant pour retrouver Joe, qui accepte par ailleurs rapidement l’idée de se produire sur scène, mais surtout pour lui obtenir de nouveaux papiers nécessaires à son voyage en France. L’équipe de Caravelle, tourneur lyonnais, accompagne l’artiste dans les démarches, et au terme de cinq mois d’efforts, Slow Joe peut enfin embarquer, direction la Bretagne.

Si le voyage n’est pas des plus aisés, ce qui suit effacera toutes les embûches rencontrées pour permettre le moment magique du premier concert de Slow Joe and the Ginger Accident. Programmé en ouverture des Transmusicales, le groupe déchaîne l’enthousiasme du public et des médias présents, qui découvrent un artiste à part, un vieil homme de 67 ans à la démarche fatiguée mais à l’énergie scénique incroyable. Une étoile, rappelant par touches un certain Elvis, est née ce soir là. Tant et si bien que Jean-Louis Brossard décide de programmer le groupe trois soirs de suite. La suite, c’est une signature de co-édition avec Sony et la sortie d’un EP de six titres.

Nous vous proposons de découvrir le tonique When Are You Comin’ Home qui définit à merveille le son audacieux et chaleureux du projet. Un voyage musical, certes moins exotique qu’une semaine sur une plage de Goa, mais pas moins dépaysant.

Crédits Photos : Stéphane Marchetti

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24 heures de musique ||by OwniDJ http://owni.fr/2010/04/19/24-heures-de-musique-par-owni-dj/ http://owni.fr/2010/04/19/24-heures-de-musique-par-owni-dj/#comments Mon, 19 Apr 2010 15:49:45 +0000 Admin http://owni.fr/?p=6295 766533313_626475f30e_b

Alors vous êtes plutôt ?

# Mel Brown – Blues for we – Un Blues de la fin des années 1960 (après le c++ le volume++ … oui je sais: une blague à deux balles par un geek amateur de bonne musique)

via http://www.dustygroove.com

# ou bien un mix tout en couleurs par Lack Of Afro (mixtape de 61 min) :

via http://www.futureboogie.com/mixes

# Kerri Chandler – Candela

blues-music-par-chad-johnson

# Grant Phabao and Djouls 21st Century Afro Vol 6 via @parisdjs (site web : Paris Djs)

Le tracklisting

# Paris DJs Soundsystem 21st Century Latin Vol 4 (via Paris Djs)

le tracklisting

# Paris DJs Soundsystem Who Is Molesting Laura part 4

le tracklisting

# Mr Confuse Feel The Fire Promo DJ Mix (via une fois de plus Paris Djs :) )

(Pas de tracklisting disponible)

mulatu-astatke-par-richard-pluck

# Gilles Peterson » Gilles Peterson Worldwide – Father of Ethio-Jazz, Mulatu Astatke, visits the Basement. (http://www.gillespetersonworldwide.com/)

# Breeze and sweat (Quantic and Alice Russell inside) (via http://aurgasm.us/)

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# Mr.Scruff live :

encore une fois via http://www.futureboogie.com/mixes (pas de tracklisting disponible)

# un autre mix de Mr Scruff (via http://www.bodytonicmusic.com)

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# Musiques sans frontières (par Dj Inti du collectif Alter Nativa)

celebrate-brooklyn-ny-brooklyn-african-music-festival-summer-2009-65-of-123-par-nickdigital

# un autre mix de Dj Inti (ses ptis délires à la sauce electrogroove)

# Jus like musique volume 33 (via Jus Like Music)

le tracklisting

# Diesler & Stan Lee Podcast (via Diesler Music)

# Miles Cleret . Colombia mix (via Sound Way Records)

le tracklisting


(345 morceaux pour plus de 24h de musique – #soul jazz electro rawsoul salsa hiphop opensource brassband inclassable afrobeat afrojazz afrolatin downtempo *.*)

> Illustrations par laura musselman, nickdigital,  Richard Pluck et -Chad Johnson sur Flickr

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