OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Collégien suréquipé édition limitée http://owni.fr/2012/10/10/collegien-surequipe-edition-limitee-ordival/ http://owni.fr/2012/10/10/collegien-surequipe-edition-limitee-ordival/#comments Wed, 10 Oct 2012 06:30:30 +0000 Claire Berthelemy http://owni.fr/?p=121932

Le Conseil général du Val-de-Marne a chouchouté ses élèves de sixième cette année en leur offrant à leur entrée au collège un ordinateur portable. Un netbook d’un peu plus d’un kilo pour les accompagner tout au long de leur scolarité de collégien. Et peu importe qu’ils en possèdent déjà un. Dans le texte, l’intention est au premier abord plutôt sensée :

Une action destinée à favoriser le développement des usages des Technologies de l’information, de la communication et de l’éducation. En quatre ans, les 50 000 collégiens du Val-de-Marne seront ainsi tous équipés !

Liberté, égalité, tous connectés : louable certes.

Avec l’intention de “favoriser l’autonomie, l’émancipation et la liberté d’information des élèves”, ce partenariat avec l’Éducation nationale pèse avant tout la bagatelle de 25 millions d’euros sur quatre ans de dispositif. En plus des 13 millions d’euros déjà budgétés dans le cadre de l’équipement informatique des collèges. L’objet (1,3 kilo) possède une session élève et une session parent, une clef USB et un système antivol qui rend l’ordinateur inutilisable dès qu’il est déclaré volé. Pour accompagner les parents, une hotline au “prix d’un appel local”. Le véritable kit pour pousser les parents à mettre le nez dans l’Internet et les nouvelles technologies. Quant aux enseignants, équipés eux aussi, ils pourront – en théorie – recevoir une formation dispensée par l’Education nationale.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

La vidéo de présentation d’Ordival – le petit nom du programme d’offre de ces ordinateurs – à destination des enfants le dit clairement : 205 tableaux numériques installés dans les collèges du département, toutes les classes de tous les collèges reliés à Internet d’ici fin 2013, 40 logiciels installés sur chaque ordinateur, un contrôle parental et une protection antivol sur toutes les “machines”. Et à destination des parents et de la presse, le discours est le même, petit moment M6 Boutique en bonus en début de vidéo. Sur les 13 300, Patrick Hervy, l’un des responsables du programme au Conseil général précise que “6 à 7 000 ordinateurs ont été pour le moment distribués. D’une valeur de 340 euros pour les collégiens et 540 pour les enseignants.”

Mais en ont-ils vraiment TOUS besoin ?

Pour Patrick Hervy, l’équipement de tous les collégiens, indépendamment de leurs conditions sociales était indispensable :

Nous souhaitons niveler du bas vers le haut. Les mêmes équipements pour tout le monde. Si l’on prend l’exemple de Saint-Maur [commune aisée du département, ndlr], les familles sont peut-être déjà équipées mais l’ordinateur n’est pas nécessairement destiné à être un outil de travail. Ils contiennent en outre une médiathèque qui n’est pas installable sur un ordinateur lambda. C’est un principe d’égalité d’école républicaine qui prévaut.

Peu importe que l’enfant en possède déjà un et que la famille soit assez aisée. L’essentiel étant qu’il puisse l’emmener au collège si et quand le prof le demande. “Aucun établissement n’a décidé de faire en sorte qu’il y ait 30 gamins devant leur ordi 8 heures par jour !” explique Patrick Hervy.

M. François, adjoint du principal du collège de Valenton est enthousiaste :

La distribution a eu lieu ce samedi et la réception a été plutôt bonne. Les professeurs vont travailler avec les élèves sur ordinateur et ça va améliorer la pédagogie. On leur a dit qu’ils avaient de la chance d’en avoir un chacun.

Le collège – classé en ZEP – étant expérimental possède déjà des tableaux numériques interactifs dans chaque salle de classe.

Moins d’enthousiasme dans un autre collège du département. Une principale, qui a préféré rester anonyme explique que l’initiative du Conseil général est très bonne mais qu’elle implique beaucoup de choses. “C’est un gros budget, mais la technologie pourra être très vite dépassée. En cas de pépin, perte ou vol c’est le collège qui va gérer.”, explique-t-elle.

La question de la distribution à tous se pose aussi pour la principale :

Est-ce que ça se justifie ?

Questions techniques et questions de pratiques

Côté technique, l’Ordival est sous Windows 7 avec la possibilité d’acheter les licences des logiciels propriétaires. Mais sont installés des logiciels libres pour les outils de base. À la question de l’autonomie, Patrick Hervy répond que “les ordinateurs ne sont pas fait pour rester allumés pendant 8 heures de cours et que la batterie [neuve] a une autonomie de 7 heures”. Visiblement, nul besoin d’équiper les classes en multiprises. La première année en tout cas.

À un parent qui a posé la question lors d’une distribution dans un collège, l’un des techniciens présent a répondu que “s’il était chargé tout le temps sur secteur, il ne tiendra[it] pas un an”. Difficile de mesurer de quelle façon les collégiens s’en serviront, d’autant que “l’astuce technique” n’est précisée nulle part. À nouveau matériel, nouvel usage technique à acquérir.

La principale d’un collège d’une commune aisée précise :

Les enseignants sont plus ou moins réticent déjà. Ensuite, nous n’avons pas de prises dans les salles, [pas assez pour brancher plus de deux ordinateurs, ndlr], comment faire quand certains auront oublié de charger leur ordinateur la veille ? Même question s’ils oublient leur ordinateur tout court ?

Pour cette principale, la réussite de l’opération va aussi passer par “la motivation des enseignants”. Que répondre à un professeur qui lui explique “qu’il préfère sa plume et son papier, même si on est pas au XIXème siècle” ?

Et ailleurs ?

L’initiative n’est pas nouvelle mais elle est la plus coûteuse – pour des raisons de déploiement et de proportion notamment. En septembre 2010, le Conseil général des Hauts de Seine avait pourvu chacun de ses collèges de deux iPad. Montant de l’opération : 133 collèges avec 2 iPad = 185 000 euros pour l’un des départements les plus riches de France.

Dans les colonnes de Libération à l’époque, Antoine Tresgots, délégué national du syndicat des enseignants de l’Unsa déclarait :

Quand la collectivité décide de balancer du matériel sans aucun lien avec les demandes des enseignants, ça n’a aucun sens. C’est une magnifique opération de communication.

Même type d’opération mais de plus grande envergure cette fois – de l’ordre de celle du Val-de-Marne, collectivité territoriale différente -, la distribution d’ordinateurs portables par la région Languedoc-Roussillon à ses 32 000 élèves de seconde à la rentrée 2011. Budget alloué : 15 millions d’euros sur trois ans. Le programme LoRdi a récemment été au centre d’une polémique au sein de la région puisque 12 ordinateurs avaient été retrouvés en vente sur “Le Bon Coin” et autres sites de vente d’occasion en ligne.

Motifs invoqués par les lycéens vendeurs ? Besoin d’argent et inutilité de l’objet. Un adolescent interrogé par le Midi Libre explique surtout que :

On ne peut quasiment pas s’en servir au lycée et il y a même certains profs qui y sont allergiques. Enfin, la plupart d’entre nous en avaient déjà un avant, bien meilleur.

Tandis qu’une autre lycéenne (vendeuse) précise que l’ordinateur leur a été distribué “sans [leur] demander [leur] avis, sans explication, comme on [leur] sert des frites à la cantine :

À aucun moment un prof nous a demandé de l’utiliser. Je ne vois pas pourquoi je ne le vendrais pas. Il m’encombre.


Photo par Kalexanderson [CC-by-nc-sa] remix O.Noor pour Owni

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Dangers du Net : la curieuse leçon en uniforme de police http://owni.fr/2010/03/08/dangers-du-net-la-curieuse-lecon-en-uniforme-de-police/ http://owni.fr/2010/03/08/dangers-du-net-la-curieuse-lecon-en-uniforme-de-police/#comments Mon, 08 Mar 2010 17:29:22 +0000 Sabine Blanc http://owni.fr/?p=9640 alien

Pédophile s'en prenant à un enfant innocent sur le web. Métaphore à visée didactive. Début XXIè, France de l'ère hadopienne.

Au collège Béranger (Paris, 3°), les élèves ont eu droit à un discours caricatural sur les dangers de l’Internet de la part d’un policier en uniforme. Avec au passage, un rappel sur le piratage et le téléchargement illégal.

“Alors que le réseau a été envahi sans aucune entrave par une criminalité galopante et des marchands souvent peu scrupuleux, les enfants et les adolescents sont en permanence exposés à de graves dangers”.

Roger Gicquel est mort mais la France, que dis-je, le monde continue d’avoir peur. Ou plutôt, on l’incite à avoir peur par ce type de discours anxiogène et déformant, balancé sans le moindre chiffre susceptible de l’étayer. Lire une telle assertion est a fortiori dérangeant quand il émane d’un policier français en uniforme de la “mission de prévention et de communication” du 3° arrondissement de Paris, venu faire la leçon sur les dangers du web dans un établissement scolaire, en l’occurence le collège Béranger.

C’est la mère d’une enfant scolarisée dans cet établissement qui nous a signalé ces faits : “Ma fille m’a rapporté une notice de quatre pages intitulée “Les dangers de l’Internet[le pdf est disponible ici > dangersinternet] ainsi qu’un marque-page “Internet en toute sécurité”. Les collégiens ont reçu ces documents dans le collège et en classe, des mains propres d’un policier (en uniforme) de la police nationale venu leur parler longuement sur ce sujet. C’est la deuxième fois qu’il viennent nous parler de cela en classe, me dit ma fille, une fois en uniforme et une fois sans uniforme.”

Le 25 mars, c’est au tour des parents d’assister, s’ils le souhaitent, à une rencontre au collège avec le policier, pour recevoir à leur tour un petit cours.

Que les jeunes et leurs parents soient sensibilisés aux dangers du web, on ne trouve rien à redire, l’éducation au numérique est un cheval de bataille incontestable. Mais est-ce à des policiers en uniforme de se coller à cette tâche ? Si danger il y a, c’est bien de faciliter l’amalgame web=danger. N’est-ce pas prendre un peu les élèves pour des débiles que de leur tenir un discours aussi caricatural ? Jetons un œil au chapitre “sexualité” :
“Beaucoup de sites offrent des photographies et des vidéos qui peuvent choquer, troubler, blesser ou induire en erreur, un enfant ou un adolescent en quête d’informations.”
Alors que le printemps arrive avec ses vapeurs effervescentes de jeunes hormones, on appréciera la pertinence de cette phrase au flou puritain.
Ce n’est pas Internet qui est dangereux, c’est la vie tout court. Créé par l’homme, le web est à son image, comme le monde “réel”. Homophobie, racisme, pédophilie, escroquerie, tout cela n’a pas attendu le web pour pulluler, ce n’est pas Marc Dutroux, Hitler ou Albert Spaggiari qui vous diront le contraire.
Les FAI et les éditeurs de logiciels seront aussi ravis d’apprendre que “les moyens mis à dispositions [par eux] ne doivent pas être négligés” pour encadrer l’activité en ligne de nos chers ados. Pour mémoire, les FAI français viennent de prendre position contre le dispositif de filtrage entériné par la Loppsi2 en pointant son inefficacité.

On pardonnerait la maladresse du propos si un chapitre “piratage et téléchargement illégal” n’était glissé au milieu de tout cela. Ah tiens, je risque un grave traumatisme psychologique ou physique si je télécharge illégalement ? Damned, je vais vite filer chez le médecin alors. Sous couvert de protection des artistes, on nous ressort l’antienne hadopio-loppsienne, dont on a largement expliqué ici les limites (euphémisme). Internet est dangereux, oui pour l’industrie du disque qui n’a pas su s’adapter.

Le meilleur arrive dans la conclusion :

“Cette notice [...] peut vous paraître alarmiste mais les dangers d’Internet sont réels, néanmoins il ne faut pas diaboliser le Web.”

Il y a un truc qui vous échappe ? Nous aussi.

inconnu

Image Nad Renrel sur Flickr

Contactée, la mission prévention et communication du commissariat du 3° arrondissement nous a enjoint de passer par les voies légales classiques, en français intelligible le directeur de cabinet du préfet. Nous avons adressé nos questions ce mercredi le service presse par mail, la procédure habituelle.

Quant au proviseur du collège Béranger, Mme Civiale, elle explique, et on ne doute pas de sa bonne foi ni de ses intentions louables, avoir fait cela à la demande des parents, en concertation avec le CECS (comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté), qui réunit parents, élèves. Ils auront été (mal) servis.

Pour vous remettre, (re)lisez  l’analyse vivifiante de danah boyd sur Chatroulette, stigmatisant cette peur de l’inconnu véhiculée par les tenants de l’équation web = nid à dangers.
> Image de Une par Arthur40A sur Flickr

> MAJ: Marc Rees pour PCimpact revient sur le premier billet de Sabine, à propos de cette “folle campagne”.
> Article mis à jour le 11/03, suite au mail envoyé au service de presse de la préfecture de police de Paris

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Le collège Hadopi au scalpel du Docteur House http://owni.fr/2009/12/31/le-college-hadopi-au-scalpel-du-docteur-house/ http://owni.fr/2009/12/31/le-college-hadopi-au-scalpel-du-docteur-house/#comments Thu, 31 Dec 2009 15:52:43 +0000 Stéphane Favereaux http://owni.fr/?p=6598 En ce 26 décembre 2009, les autorités ont eu le plaisir de nous annoncer la naissance de la commission de la HADOPI. La soucoupe tenait à leur souhaiter la bienvenue dans le monde délicieux du Social Web avec une petite présentation de circonstance.

Par décret en date du 23 décembre 2009, publié au J.O le 26 décembre 2009, sont nommés membres du collège de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet :

Membres désignés par le vice-président du Conseil d’Etat:


Jean Musitelli
, Conseiller d’Etat et président de l’ARMT (Autorité de régulation des mesures techniques), il fut notamment conseiller diplomatique (1984-1989) et porte-parole (1991-1995) du Président de la République, chargé de mission auprès du ministre des affaires étrangères (1990-1991 et 1997), ambassadeur de France auprès de l’UNESCO (1997-2002) et membre du groupe d’experts internationaux chargés par le directeur général de l’UNESCO d’élaborer l’avant-projet de convention sur la diversité culturelle (2003-2004). Donc, une vraie compétence pour diriger cette Hadopi. Une vraie valeur de technicien connaissant les enjeux du sujet.

Sa bio assez peu complète est disponible ici. Malgré tout, il reste expert en stratégie… et en matière culturelle

Suppléant : Marie Picard.

Membres désignés par le premier président de la Cour de cassation:

Marie-Françoise Marais, Conseiller à la Cour de cassation, membre de l’ ARMT et vice-présidente du CSPLA (Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique), elle n’est donc pas juge et partie. «Placé sous la tutelle du ministère de la Culture, le CSPLA avait dans un rapport rejeté l’idée que le téléchargement sur les réseaux P2P puisse être un acte de copie privée, plaidé pour la responsabilité pénale des éditeurs de logiciels de P2P, et pour un renforcement des DRM», rappelle Numerama . La compétence judiciaire accolée à la compétence en termes de droits d’auteurs… judicieux mélange.
Suppléant : Dominique Garban (conseiller à la cour de cassation de Paris, membres du Conseil national pour l’accès aux origines personnelles)

Membres désignés par le premier président de la Cour des comptes :

Patrick Bouquet, Conseiller maître à la Cour des comptes et membre de l’ ARMT . Conseiller-maître à la Cour des Comptes, Directeur du cabinet du ministre du commerce et de l’artisanat (1976-1977), Directeur des finances de la région Ile-de-France (1982-1986), Directeur général des collectivités locales au ministère de l’intérieur (1986-1989), Secrétaire général du groupe central des villes nouvelles (1993-1994) et Secrétaire général adjoint de la ville de Paris (1994-2001). Une vraie légitimité à être membre de cette commission ?

Suppléant : Thierry Dahan (énarque et magistrat à la cour des comptes, directeur de la culture et des sports à Lyon, rapporteur général  du Conseil de la concurrence).

L’ARMT et Hadopi sont résolument très proches ! les légitimités de nomination de ce collège sont posées. Les rapports techniques se sont enchaînés… l’indépendance de la HADOPI souffre de nombreux doute à la lumière de ces trois premiers CV. Il fallait s’y attendre…

Membres désignés par le président du Conseil supérieur de la propriété  littéraire et artistique:

Christine Maugüe, Conseiller d’Etat et membre du CSPLA depuis novembre 2009.
Maître des requêtes au Conseil d’Etat, Professeur associé à l’Université Panthéon-Assas (Paris II), Corédactrice en chef du Bulletin juridique des contrats publics. Conseiller d’Etat, est nommée en qualité de personnalité qualifiée en matière de propriété littéraire et artistique. La compétence sur la propriété intellectuelle et le droit d’auteur la qualifie pour cette commission, mais en tant que juge et partie…On lui doit aussi une expertise juridique sur les mécanismes de mise en œuvre du marché secondaire des fréquences et leur articulation avec les compétences des collectivités territoriales et approuve la première demande de cession partielle de fréquences Wimax d’une collectivité territoriale à une autre, mise en œuvre en Alsace.

Suppléant : Philippe Belaval . Entre Opéra de Paris et Bibliothèque F. Mitterrand, son ancrage dans la culture ne fait aucun doute, il est également conseiller d’Etat.

Personnalités qualifiées désignées sur proposition conjointe des ministres chargés des communications électroniques, de la consommation et de la culture :

Jean Berbinau, Membre du Conseil général des technologies de l’information, où il est chargé des missions relatives à la propriété intellectuelle, il a participé aux travaux sur la loi DADVSI (Droit d’auteur et droits voisins dans la société de l’information); secrétaire général de l’ARMT. Coauteur d’un rapport du Conseil  Général des Technologies de l’Information (CGTI), il prévoyait 18 000 suspensions d’abonnement à Internet par an… nulle doute qu’il sera un membre zélé de la commission !

Chantal Jannet, Présidente de l’Union féminine civique et sociale, sa bio est délicieuse au possible. Sa légitimité au sein de la Hadopi est relativement discutable… en dehors de sa compétence sur les sujets de consommation…Elle demeure l’inconnue de l’équation.

Jacques Toubon, ancien garde des Sceaux et ministre de la Culture de 1993 à 1995, membre de la commission Zelnik . Il a également beaucoup œuvré au Parlement Européen pour promouvoir la riposte graduée et s’opposer à l’amendement 138 , dit amendement Bono. Cet amendement fut remplacé, la commission Zelnik est strictement juge et partie considéré son attachement à la Présidence de la République, donc, si on ne peut avoir de doute quant à l’implication de J. Toubon dans la processus de mise en place de la Hadopi, on peut douter de sa partialité.

Personnalités qualifiées désignées par le président de l’Assemblée nationale et par le président du Sénat :

Franck Riester, Député UMP de Seine-et-Marne, rapporteur de la loi Hadopi 2, proche de Jean-François Copé et fidèle de Christine Albanel, il s’est opposé à certains dispositifs de Hadopi 2 alors que la loi était en débat à l’Assemblée. Le jeune député UMP a montré sa compétence dans les questions de protection des données personnelles… et selon lui, Hadopi respecte les droits de la défense… mi-figue mi-raisin, il fut parmi les premiers défenseur de cette haute Autorité…

Michel Thiollière, Sénateur de La Loire , membre du groupe UMP et rapporteur des lois DADVSI et Hadopi, il apparaît comme un membre zélé de ce collège, et fonde sa légitimité sur le projet DADVSI de Renaud Donnedieu de Vabres qui jamais ne fut réellement appliqué ou applicable…, sur Hadopi 1, anticonstitutionnelle, et sur son rapport Hadopi 2. Membre de du groupe d’études médias et nouvelles technologies et du conseil d’administration de France Télévision, ce Sénateur semble un acteur perspicace de ce collège, mais son passé de rapporteur ne légitime pas nécessairement son action, bien qu’il connaisse parfaitement le sujet.

Sont nommés membres de la commission de protection des droits de la Haute Autorité  pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet :

A la Commission de protection des droits (CPD), chargée de la mise en œuvre effective de la riposte graduée, on retrouve, également pour six ans , trois magistrats

Mireille Imbert-Quaretta : ancienne directrice de cabinet du ministère de la Justice, conseiller d’Etat spécialiste du droit pénal, elle est auteur de nombreux textes sur la justice et conseiller d’Etat. Hadopi est décidément très judiciaire !! Suppléant : Jean-François Mary.

Jean-Yves Monfort : ce magistrat s’est fait remarqué par une phrase dans la presse rappelant la fragilité des magistrats et les erreurs de procédures possibles, cette phrase n’ayant guère été appréciée par le ministère compétent en la matière. Ce juge au sang chaud se montre assez indépendant, selon lui, « les magistrats doivent être intellectuellement prêts à mordre la main qui les a nommés ». Gageons qu’il n’oublie pas cela ! Il est également membre du collège de la HADLE. Suppléant: Paul Chaumont.

Jacques Bille : , Professeur Associé Paris II, Conseiller à la Cour des Comptes (suppléant: Sylvie Toraille).

La compétence légale de ces trois magistrats ne pose pas le moindre doute, reste à savoir si leur compétence dans les questions techniques et les problématiques liées au Web seront à la hauteur.

F. Riester semble être l’un des membres les plus qualifiés pour appartenir à ce collège avec J.Y Montfort. Relativement indépendants, bien que F. Riester soit affidé au cénacle présidentiel, il a malgré tout amendé Hadopi dans un sens très pertinent concernant les libertés individuelles. M. Thollière paraît lui-aussi à sa place, de même que J. Toubon, bien que sur ce dernier, son lobbying européen pour l’amendement 138 l’ait quelque peu disqualifié.

Les questions se posent maintenant quant à la pertinence du choix de Chantal Jannet, n’ayant aucun lien de près ou de loin avec les problématiques liées au NTIC, au droit, à la protection des données personnelles, des droits des journalistes ou à toute autre question relative au web. Serait-ce un choix politique amical /-) ?

Owni souhaite donc la bienvenue à ces membres zélés du collège de la Hadopi dans le monde du Social Web, tout en sachant que leurs actions seront sous l’œil tout aussi zélé du web 2.0.

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